Revisiter l'histoire contemporaine pour comprendre le présent...
Ô Liban, contrée délicieuse où il fait bon vivre, comment est-on passé d'un pays où toutes les communautés religieuses vivaient heureuses en harmonie, à une mosaïque de nations où la guerre civile, dans toute son atrocité, est omniprésente ?
La réponse à cette question est le projet littéraire de Frédéric Paulin, qui sous la forme d'une trilogie, nous explique les rouages de ce basculement dans un style journalistique et percutant.
Nul ennemi comme un frère marque le début de ce renversement identitaire où la religion sera le marqueur déterminant. Il couvre la période 1975 à 1983. Tout commence en avril 1975 en banlieue de Beyrouth par un massacre des Palestiniens par les Kataëb, les phalangistes chrétiens, en représailles d'une attaque d'une église par le FPLP (Font populaire de libération de la Palestine), instaurant un déchaînement de violence exacerbée jusqu'en 1990, date officielle de la fin de la guerre civile libanaise.
La force de ce roman réside dans la puissance narrative de l'auteur qui a su mêler les faits historiques avec des personnages fictifs, attachants, faillibles ou corrompus ; témoins d'un monde en constante évolution politiquement. Le passé d'enseignant, en Histoire et géographie, de l'auteur fait que nous sommes happés par ce travail documentaire colossal donnant la sensation d'être au cœur des décisions et actions qui ont façonné la géopolitique du Moyen Orient.
Œuvre faisant écho au monde d'aujourd'hui, je ne peux que vous la conseiller tout en sachant que vous serez captivés par cette lecture au point d'attendre avec impatience Rares ceux qui échappèrent à la guerre, suite de cette trilogie, relatant les événements de 1983 à 1986.
Christophe





